Message des hirondelles (2004)

Message des hirondelles (2004)


Extrait “Message des hirondelles”

Message des Hirondelles

10’53”

“Message des hirondelles” est conçu comme une phonographie imaginaire du monde végétal en pleine renaissance printanière. Si les autres saisons semblent se succéder dans un fondu-enchaîné, le printemps me fait l’effet d’une irruption soudaine d’une grande violence. La nature toute entière paraît se livrer à un débordement, saturant tous nos sens de senteurs, couleurs, sons, chorégraphies des plus insensées. Le monde végétal en particulier semble être le chef d’orchestre d’une invasion de territoires massive et frénétique. Néanmoins, un temps d’arrêt sur l’éclosion d’une fleur nous permet d’apprécier la fragilité de cette poésie à l’état brut forte en contrastes.

Cette pièce se décompose en trois parties enchaînées proposant chacune un plan différent:

1. “Montée de sève” (3’49): de l’intérieur d’un grand arbre.

Un long continuum se met en place par superpositions de trames successives et mouvantes. L’ensemble est tenu par un ostinato. Au loin, on perçoit des craquements et grincements qui semblent appartenir à un espace extérieur. Le continuum se délite pour finir sur des petits sons de percussions très courts et épars qui figurent son aboutissement.

2. “Floraisons multiples” (2’48): une clairière ou prairie en fleurs.

La majorité des matériaux sonores utilisés ici proviennent d’une boîte à musique. Des micro motifs mélodiques se répondent en écho. Les transformations granulaires permettent ici de créer et jouer des micro motifs rythmiques. A la fin de ce mouvement, l’ostinato revient pour annoncer le crescendo qui suit.

3. “La grande éclosion” (4’15): une forêt en montagne.

Éclatement. L’intention ici est à la saturation. Elle est obtenue par empilement abusif de sons “lourds”, mais aussi par une utilisation de sons saturés à la prise (vent dans le microphone). Les matériaux très hétérogènes (sons concrets, ambiances extérieures, trames et transformations diverses) se bousculent et tentent de prendre possession de l’espace par des effets de masquage,d’annulations de bandes de fréquences et de superpositions excessives. A l’intérieur de ce magma, tentent de percer des sons aigus aux motifs rythmiques dynamiques et agités. Ces motifs transperceront la grosse trame pour émerger à la fin de la pièce en guise de conclusion.